Jour 17 lundi 21 novembre Lac Inle

, par Nathalie Durgniat

Voyage au Myanmar
1 -2 Vol Genève – Dubai - Yangon
3 Yangon – Bago – Hpa An
4 Hpa An
5 Route Hpa An – Rocher d’Or
6 Route Rocher d’Or – Yangon
7 Yangon, découverte de la ville en train
8 Vol Yangon – Mandalay, Embarquement RV Mingun
9 RV Mingun (Mingun, Ava, Sagaing)
10 Débarquement à Mandalay, Route Mandalay – Bagan
11 Bagan
12 Bagan : survol de la plaine en montgolfière
13 Bagan : excursion au Mont Popa, retour à vélo
14 Bagan – Nyaung U / Vol Nyaung U – HehoHeho – Pindaya – Kalaw
15 Kalaw : journée au Green Hill Valley avec les éléphants
16 Kalaw – Lac Inle
17 Lac Inle

9:00 départ à pieds de l’hôtel vers le lac où un joli bateau traditionnel peu bruyant et moins polluant (amélioré pour notre confort ) nous attend. Après notre installation, le bateau démarre en trombe, l’air frais nous fouette le visage, c’est la liberté. Le paysage est à couper le souffle. Nous naviguons durant 30 minutes. Au loin le tout nouveau complexe hôtelier construit pour et par les Japonais avec un prête- nom local car les étrangers tant les privés que les entreprises ne peuvent être propriétaires dans ce pays. Le bateau s’approche des pêcheurs qui nous accueillent en nous montrant le produit de leur pêche. De petits poissons et de belles pièces qui ne se pêchent que dans ce lac sont en vente. Les plus beaux poissons sont réservés aux Hotels et aux riches du coin. Les pêcheurs sont fiers et nous sommes admiratives. Les pêcheurs intha sont célèbres pour pagayer avec la jambe tout en lançant leur filet. Ensuite cap sur les cultures flottantes de tomates. De jolis îlots bien alignés et fixés avec des bambous produisent des tomates et des yams. Ils seront exportés en Chine et transformés en plantes médicinales. C’est une riche production. Les bateaux sont aussi souvent chargés de marchandises. Petite halte dans un magasin flottant pour acheter des friandises car nous sommes invitées à visiter un jardin d’enfant. Pour l’équivalant de Fr. 20.- on obtient deux sacs de petites boissons au lait et des sachets de chips de différentes saveurs. En route (mais en bateau) vers le jardin d’enfants qui se trouve sur la rive. Notre arrivée est annoncée car le pilote du bateau nous a devancé pour apporter les sacs de friandises. Tous sont à la fenêtre et nous attendent sagement. Leur école est une construction en bambou surélevée avec une partie fermée et une ouverte sur les côtés. Les enfants sont souriants. Ils nous accueillent puis continuent leur journée avec de vieux jeux de legos. Ils sont tellement usés que les pièces ne tiennent plus ensemble. Il est l’heure maintenant des chants, ils se mettent en rond et chantent en s’accompagnant de gestes. Les nouveaux sont facilement reconnaissables car ils ne connaissent pas encore la chorégraphie. Nous les remercions pour les chants. C’est le moment de la distribution de friandises. J’avais expressément demandé à notre guide de donner discrètement toutes les friandises à la maîtresse mais elle a insisté pour que nous procédions à la distribution nous-mêmes. Nous nous sommes donc exécutées avec plaisir en observant la joie des enfants. À la fin de ce petit en-cas les élèves se lèvent pour se mette en rang et ils interprètent alors un chant. Ses paroles ont pour but de leur apprendre à bien se nourrir et à avoir une bonne hygiène. Selon notre guide le chant explique que les haricots et céréales sont bons pour la croissance, les légumes sont pleins de vitamines, ils faut se laver les mains avant de manger, etc. ... ensuite ils se lavent les mains. Il y a trois cuvettes, une première savonneuse, une deuxième pour rincer et la troisième avec l’eau bien propre. Système très ingénieux car l’eau pure manque. Celle du lac est impropre à la consommation et à l’usage quotidien. Chaque élève va chercher le lunch qu’il a apporté de la maison et tous se mettent à manger avec dextérité à l’aide d’une cuillère, assis par terre en face d’une petite table basse. Ce sera bientôt l’heure de la sieste mais avant ils peuvent se dépenser sur un petit toboggan. Nous prenons congé et retournons au bateau. Ces moments de joie et de partage resteront gravés dans nos cœurs.

L’après midi est plus touristique avec des visites de plusieurs villages, chacun ayant son activité propre : celui des pêcheurs , celui des tisserands de fibres de lotus, celui des forgerons qui fabriquent de grands couteaux et réparent toute sorte d’outils et encore celui des fabricants de cigares à la badiane. Il y en a tant que nous ne pourrons pas tout voir, par exemple le village des orfèvres qui fabriquent des bijoux en argent. Les Inta investissent leurs maigres économies en bijoux. Nous terminons ce tour sur le lac par une visite au temple qui abrite cinq bouddhas tellement couverts de feuilles d’or qu’ils en sont venus méconnaissables. Il est vrai qu’ils ont une histoire particulière. En effet, lors d’une cérémonie sur le lac très agité le bateau qui les baladait pour une procession a chaviré. Des cinq bouddhas seuls quatre ont été repêchés. Le cinquième n’est pas réapparu. Quand les bouddhas ont été ramenés à la pagode quelle ne fut pas la stupeur des villageois de découvrir que le 5ème les attendait à sa place habituelle. De puis cette date les croyants ont une dévotion toute particulière pour ce bouddha et le couvrent d’or. La croyance veut en effet que celui qui dépose une feuille d’or (ou plusieurs...) sur un bouddha deviendra riche. Attention cette dévotion est réservée aux hommes uniquement, bouddhistes ou non. Alors que je prends des photos je vois une femme européenne s’approcher de la zone sacrée. Elle se fait tout de suite rappeler à l’ordre par un garde qui la fait s’éloigner manu militari. Je ressens alors une grande tristesse en observant ces croyances et superstitions. Dans certaines pagodes les femmes peuvent aussi couvrir les bouddhas d’or. Ici la couche d’or dépasse les 20 cm sur chaque bouddha et les rend méconnaissable. Cette pratique existe dans tout le pays. Des sommes folles sont dépensées par des gens souvent pauvres, pour orner des pagodes ou des bouddhas, leur donner à manger ou à boire et leur offrir des fleurs. Ce n’est pas clair si les aliments seront consommés ou non et par qui. Rappelons que les moines qui mendient chaque jour leur nourriture en reçoivent parfois tellement qu’ils donnent les restes aux ..... chiens alors que des enfants et surtout des vieilles femmes sont très maigres. Cet or plaqué sur les bouddhas serait tellement mieux placé dans l’éducation, la santé, ou l’amélioration du quotidien de toute cette population extrêmement pauvre puisque le salaire journalier des paysans sans terre et des ouvriers est de fr 5 par jour. Finalement c’est un peu triste que je quitte ce temple en pensant aux dérives que l’on peut observer dans toutes les religions... ce sera le dernier monument religieux que nous visiterons sur la terre d’or du Myanmar. Le retour à l’hôtel se fait par une belle lumière de soleil couchant. Les enfants rentrent de l’école en pirogue. On voit enfin des femmes naviguer mais sur des bateaux qui n’ont pas de moteur. Le lac est à nouveau l’espace des pêcheurs qui placent leurs filets pour la nuit au milieu des bateaux vrombissants et remplis de touristes comme nous rentrant dans leurs superbes hôtels pour y siroter un cocktail tout en rêvant avec nostalgie au bon vieux temps sans machines et moyens de transport modernes. Car c’est cela le Myanmar un pays où 70% de la population vit comme toujours (sans eau courante ni électricité) tout en regardant les films coréens à la TV satellite fonctionnant grâce à la génératrice crachant une fumée noire et nauséabonde.
On arrive à l’hôtel avant la tombée du jour, c’était notre dernière excursion. Demain sera consacré au retour en Suisse, nous sommes triste que ce voyage si fabuleux prenne déjà fin. Il y aurait encore tant de chose à découvrir et à vivre dans ce pays si grand et si varié.

Recette Salade de tomates Shan
Huile d’arachides concasser cacahouètes grillées et sésame grillé mélanger oignons pas de vinaigre.

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